Interview – Black Rebel Motorcycle Club à Nancy – 2014

By octobre 18, 2014 INTERVIEWS No Comments

Robert Levon Been et Peter Hayes, l’Autre Canal, Nancy, février 2014 –  interview : Maud Félus et Sydney Knight / photos : Sydney Knight.

 

De passage à Lille pour la fin de la tournée de leur album Specter At The Feast, Black Rebel Motorcycle Club (BRMC) ont répondu à nos questions. Ou plutôt, faute d’un emploi du temps compatible, l’interview prévue à Lille se fait finalement à Nancy, où le groupe américain joue ce soir à l’Autre Canal, une grande salle aux couleurs vives implantée en bordure de la Meurthe. Ce soir, ce sont encore les Nuits de l’Alligator, festival itinérant proposant cette année BRMC, Kid Karate et Dead Combo (voir prochainement notre review et nos photos du concert de Lille). Les habitués du festival arriveront un peu plus tard, quelques blousons noirs et chaussures de motards attendent déjà impatiemment devant la salle.

Nous sommes à présent backstage et, après une séance photo avec tout le groupe, la batteuse Leah Shapiro s’éclipse au profit de son comparse Robert Levon Been, chant et guitare basse principalement. Nous le rencontrons donc, ainsi que Peter Hayes, guitare et voix, entre autres. Le groupe est fatigué, couve une grippe qui lui fera annuler Besançon le lendemain, mais se révèle d’une amabilité et d’une gentillesse sans pareille.

Replaçons dans le contexte : les Nuits de l’Alligator sont l’occasion pour BRMC d’organiser une véritable tournée française, pour la première fois de leur carrière. Il leur reste trois concerts en France après une introduction à Londres, et nous sommes donc curieux de savoir comment ils ont vécu cette partie de leur tournée-fleuve.

 

nuits-de-l-alligator-2014

« C’était génial« , répond Peter sans réfléchir, « c’était même plutôt stupéfiant. Les salles bien remplies, j’ai l’impression que nous avons tourné dans toute la France, je pense qu’on peut dire ça« . « J’ai l’impression qu’il n’y a pas un endroit où nous ne sommes pas allés, ou n’allons pas aller« , renchérit Robert.
« Eh bien, il y a toujours quelques villes, mais je ne sais rien à leur propos« , avoue Peter.
« Des villes ou des villages ?
– Peut-être les deux.
 »

Ils rient. N’y voyez rien d’insultant, l’humour parfois douteux de Robert faisant au moins autant partie du personnage que sa curiosité naturelle. Curieux, BRMC l’étaient d’ailleurs beaucoup à propos de la France et ont entamé les comparaisons, notamment à propos du public français.

« Hum, [les Français] sont plus intérieurs, c’est plus comme un chaos contrôlé« , décrit Rob, « Plus cérébral. Cela t’oblige à jouer mieux car tu es nerveux et les gens regardent vraiment et font attention plutôt que de se bourrer la gueule et trébucher les uns sur les autres« . Peter nuance : « Ils sont géniaux, oui ! Il y a un mélange des deux : pas mal de gens pogotent, dansent et chahutent, c’est super. Je pense que c’était comme ça chaque soir. Il y avait des moments adéquats pour un peu tout, certains calmes, d’autres moins« .

Suffisamment calmes pour les chansons acoustiques ?

Peter : « Oui »
Robert : « Parfois »
Il sourit.
Peter : « La plupart du temps. Oui, c’est comme ça partout. Il y a plein de gens qui n’ont juste strictement rien à foutre de les entendre. (il rit) Tu sais, ils commencent juste à bavarder. C’est normal. (Il sourit) C’est drôle d’entendre des gens lancer : ‘Vos gueules !’. Tu entends des petits murmures de ce genre dans la foule parfois et alors ça fait parler ces gens encore plus fort« .

BRMC guerilla !

Le groupe est très attentif à ses fans et a lancé une opération quelques temps avant la tournée, baptisée guerilla BRMC. L’idée était d’imprimer des posters, puis de les coller dans les villes où les concerts allaient avoir lieu, voire dans d’autres villes, voire partout.

L’opération visait principalement la France, et c’est ainsi que le groupe a garé son tourbus devant des poteaux à leurs couleurs. La guerilla est cependant rapidement devenue un phénomène plus important et les photos des fans continuent d’affluer à l’heure où nous réalisons l’interview. Nous avons donc voulu savoir d’où l’idée était venue.

« Les posters… ça vient d’un fan en Indonésie qui a commencé à en faire pour le fun, et Ian (Ottaway, écrivain qui gère leur blog) me les a envoyés« , explique Rob, « J’ai pensé que cela partait d’un super esprit et que ça pourrait être un truc marrant si les gens ici en France voulaient faire la même chose pour les concerts à venir. On ne ferait pas que leur suggérer mais on enverrait des posters (ndlr : après la première vague imprimée, des milliers de posters ont été envoyés en France, répartis géographiquement selon les demandes) à ceux qui voudraient le faire. Et après ça a complètement dépassé ce cadre. D’autres gens voulaient participer ailleurs qu’en France. Et puis l’idée n’était pas que pratique, comme faire passer le mot, mais aussi mettre en place quelque chose qui permettrait aux gens de venir assister aux balances, obtenir des tickets pour les concerts et s’impliquer plus que le fait de venir à un concert et repartir chez soi. Donc c’était sympa, une manière sympathique de rencontrer les gens, connaître un peu mieux leur passion et la partager un peu plus. Tu vois aussi un paquet d’artistes cools qui font leurs propres posters, créent des pièces sur leurs blousons ou autres trucs du genre. J’aime combien beaucoup de nos fans sont aussi créatifs. C’est le meilleur dans tout cela. »

Qui a choisi les photos et les textes pour ces posters ?

Robert : « Kafukk, le fan indonésien – et Ian en a suggéré d’autres. Et ça a pris plus de temps que ce que nous le pensions alors on a fini par lui envoyer de l’argent pour le temps investi. Il ne voulait pas le prendre en nous disant que ce n’est pas pour cela qu’il l’avait fait, mais on l’a forcé à le prendre quand même » (il sourit).

Parlant images, on murmure que pendant cette tournée en France, un DVD pourrait être tourné. Cela sera confirmé par la suite, et le « Live In Paris » ne devrait donc pas tarder à sortir. Le 1000ème concert de BRMC, le 11 décembre 2010 à Londres, avait lui aussi été filmé mais rien n’était sorti. « Tout n’a pas été filmé« , nous précise Robert, « et on ne l’a pas fait comme il faut. On ne l’avait pas planifié, c’est quelque chose auquel on a pensé quelques jours avant le concert, mais toutes les parties n’étaient pas là pour en faire un véritable film. Oui, c’était un soir important pour nous donc j’aurais aimé avoir celui-là. C’est un de mes seuls regrets« .

Une setlist différente chaque soir

On aurait bien aimé l’avoir aussi. Tant de concerts, donc, et une setlist variée tous les soirs, composée de quelques immuables pouvant néanmoins varier, quelques morceaux du nouvel album, quelques morceaux plus anciens et sans cesse des surprises : des faces B, des morceaux rares : tout est un peu possible avec BRMC. Depuis le début de cette tournée française, on a déjà collectionné les versions pour une ambiance parfois radicalement différente selon les soirs. Mais comment choisissent-ils les morceaux pour chaque concert ?

Peter : « C’est un dosage, c’est juste un mélange. On essaye de garder tout le monde à l’esprit : les nouveaux venus et les fans de longue date. On essaye de faire un peu pour tout le monde, et pour nous-mêmes (il sourit malicieusement) (ndlr : lors des balances, ils répètent parfois des morceaux qu’ils ne jouent que très peu sur scène, jusqu’au jour où la version leur plaît et sort). On garde tout le monde en tête et parfois cela dépend aussi de nos voix, en gardant ce qui est un peu plus facile. Tu as besoin d’y réfléchir un peu aussi ou alors tu n’as plus de voix avant le dernier concert, il y a aussi cet aspect, plus pratique. »

L’aspect pratique compte aussi quand on joue d’un instrument. Et d’ailleurs, c’est ce qui a fait choisir la basse à Robert quand il a commencé à jouer de la musique : « il y avait moins de cordes et j’ai pensé que cela pourrait ne pas être aussi difficile que la guitare et… j’avais raison ! (Il rit) Je savais que si j’avais l’impression que c’était du boulot, j’arrêterais et ça ne serait pas très marrant. J’ai juste écouté des disques que j’aimais, de Soundgarden ou d’Alice In Chains, et j’ai essayé d’apprendre les lignes de basse que j’entendais et de les copier. J’étais surpris de constater que ce n’était pas si difficile. Et je n’ai pas appris la guitare avant des années et des années plus tard, au cas où« . Hors interview, il nous explique néanmoins qu’il se sert à présent plutôt de sa basse comme d’une guitare. Sachez d’ailleurs que si vous souhaitez reproduire ses riffs de basse, il y a parfois bien du boulot.

Comment êtes-vous impliqués dans le choix des lumières ? Comment travaillez-vous avec Ben, votre ingénieur lumières ? Parce qu’elles ne son pas pareilles à tous les concerts…

Peter : Il écoute l’album avant qu’on parte en tournée. Il a fait ça au moins deux fois maintenant. Il va à Omaha, je crois, et il met en place une scène avec un lot d’éclairages. Ça dépend de combien d’argent on peut lui donner pour ça ! (Il rit) Et donc on choisit ce qu’on peut avoir. Il y a toujours des trucs qu’on aimerait faire mais qu’on ne fait pas. On n’a toujours pas de vidéos et la projection n’est pas vraiment comme on le souhaiterait… Et puis, en général, après les deux premières tournées qu’on fait après avoir sorti un disque, on commence à manquer d’argent. Parce que ça coûte une fortune, vous savez ! Et donc on fait alors avec ce qu’il se trouve dans la pièce. C’est pour ça que ça change à ce moment là. Mais avant tout ça, Ben écoute l’album tout seul pendant un bon moment. Après, il y a des allers-retours entre lui et nous… Rob est un peu plus impliqué que moi.

Robert, tu n’as pas l’air d’accord.

Robert : Non… Enfin, je suis exigeant à ce sujet.

Peter : Ce n’est pas ce que je voulais dire. C’est juste que tu es plus impliqué au niveau de la construction de la scène, de ce à quoi ça ressemble à la fin, en fait.

Robert : Avec le groupe, quand on a commencé, on est en quelque sorte tombés amoureux du live… On utilisait beaucoup de stroboscopes et de fumée et c’était aveuglant. Je me souviens de ces premiers concerts et du fait que j’adorais comment c’était… On pouvait en quelque sorte disparaître dans tout ça et disparaître dans le son. On essaye toujours de capturer ça, même si on essaye aussi de le faire évoluer, ce qui est difficile. Et bien souvent, ça dépend simplement de raisons financières. C’est dommage parce qu’on a toutes sortes de grands projets pour lesquels on n’a pas les moyens pour l’instant… mais un jour… Un jour on sera tous en train de voler sur des petits trapèzes avec nos guitares et en train de faire des sauts périlleux au dessus de vos têtes.

Du processus créatif de BRMC

Tant que nous sommes dans l’écriture, on leur parle de quelque chose qu’on a constaté à l’oreille. Entre Beat The Devil’s Tattoo, sorti en 2010, et Specter At The Feast, sorti en 2013, on entend une différence au niveau de la batterie. Nous avons donc voulu savoir si le processus créatif avait évolué petit à petit avec Leah au sein du groupe, ou si le travail avait été différent sur les deux albums.

Peter se lance dans une longue explication passionnée : « Ouais, ouais, on a travaillé différemment. Pour Beat The Devil’s Tattoo, on utilisait encore deux pistes pour la batterie, pour la plupart des morceaux. Je ne sais pas si cela fait sens quand tu enregistres… Au fil du temps cependant ils ont continué d’ajouter des microphones pour que tu puisses avoir plus de contrôle sur le son. Nous on était plutôt indulgents à ce propos et avec les années on se disait juste ‘eh bien, on aime le rendu sonore avec ces deux micros, c’est juste parfois un peu merdique’. Et il y avait ce type qui nous aidait sur le disque, Chris Goss. On ne veut pas se dérober devant des chansons magnifiques, comme tu sais c’est un aspect de ce groupe. »

« Je considère que Too Real est une chanson magnifique malgré l’enregistrement un peu merdique et pour Salvation, l’enregistrement est un peu merdique aussi, mais tu prends ça et tu le transfères dans un studio, avec un paquet de micros et là tu peux l’ouvrir vers quelque chose d’encore plus magnifique, plus comme un paysage plutôt que de le contenir dans un son particulier.« , détaille Peter, « Donc, on réfléchissait déjà à ça quand il est arrivé et Chris Goss nous a dit : ‘Ouais, vous savez, je comprends un peu ça. Les gars, vous n’avez jamais vraiment fait cela’. C’était vrai. Donc on l’a fait et pour d’autres on est revenus à la double piste pour la batterie, avec précaution, pour des trucs comme Teenage Disease ou encore Hate The Taste, pas mal de sons bizarres, torturés autour de rythmes de guitares. Ca doit correspondre à ce que vous entendez. J’adore les sons tribaux, les trucs hypnotiques, c’est notre cas à tous. Donc ça s’entend dans le rythme lui-même et dans le fait qu’on tente de le faire pour chaque instrument. Tu sais, les percussions additionnelles et les tambourins créent une profondeur dans le rythme et refilent ça au reste. Ca s’entend peut-être encore plus ailleurs que dans Specter d’ailleurs. »

Pendant la tournée de Beat The Devil’s Tattoo, vous aviez beaucoup de chansons prêtes pour un nouvel album. Vous en avez même jouer une ou deux en Allemagne en 2010. Je sais qu’à l’époque vous travailliez sur beaucoup de nouvelles chansons parce que je vous ai vu répéter une dizaine de chansons pendant les balances à ce moment-là, mais elles ne sont jamais sorties. Apparemment, vous êtes donc repartis à zéro pour Specter At The Feast. Vous en avez quand même enregistré ? Est-ce que vous avez l’intention d’en faire quelque chose ?

Peter : Je crois que l’entre d’entre elles s’appelait « Spook » et puis une des chansons de cette tournée est devenue « Hate The Taste ». Les autres, je n’arrive pas à m’en souvenir. C’était des acoustiques ?

Non.

Robert : Il y avait une sorte de différente version de Lullaby pendant un petit moment qui, je me souviens, commençait à exister mais il n’y avait pas vraiment encore de paroles. Oui, on avait quelques trucs mais on a fini par repartir à zéro et certaines choses sont revenues mais… très souvent, il y a des choses qui s’étendent depuis d’autres albums. Ils se chevauchent, en quelque sorte, mais cet album est celui pour lequel c’est le moins arrivé… Et puis, on a de mauvaises mémoires ! (Il rit.) Donc si tu nous dit quelque chose, tu dois surement mieux savoir que nous, si tu étais là ! Je ne me souviens plus de grand’ chose du passé.

Est-ce que vous écrivez beaucoup de chansons quand vous êtes en tournée ?

Peter : Eh bien… Je dirais que c’est cinquante-cinquante. L’ensemble de cet album n’a pas été écrit pendant qu’on tournait, vous savez. Specter n’a pas été écrit pendant une tournée. Il a été écrit assis à la maison, simplement en jammant. Quelques idées ont été amenées auparavant, mais la majorité d’entre elle ont vraiment été assemblées après. Donc c’est cinquante-cinquante. C’est dès qu’on a de la chance, vous savez, et pour ça les cages d’escaliers sont la meilleure des choses. D’ailleurs, cet endroit à de supers cages d’escaliers pour se cacher, donc…

Est-ce que vous avez l’impression que l’endroit où vous vous trouvez quand vous écrivez a une influence sur votre écriture ?

Peter : Non… Ça va trop vite pour ça. Je pense que la vie va trop vite pour ça pour qui que ce soit, vraiment. Ce n’est en tout cas pas vraiment mon expérience. J’aimerais dire « Ouais, Joshua Tree a eu un immense impact… ». Ça fait cool, ça fait vraiment hype mais ce n’est pas la vérité ! On était là-bas, on a fait des chansons, c’est source d’inspiration… Tu te dis que c’est magnifique mais tu n’es pas là-bas assez longtemps, tu ne vis pas là-bas pour vraiment atteindre la vérité de l’inspiration. Ça vient après les faits. C’est comme s’i y avait une étincelle dans ton esprit : « Ah ouais, je me souviens de cet orage, on pouvait voir les éclairs ». Vous voyez, ce genre de choses, ou peut-être certains sons qui viennent de ce genre de pensées. Et la seule chose dont j’ai besoin pour prouver ça, c’est Ain’t No Easy Way. Je l’ai écrit dans une cage d’escalier à Londres. Et putain, ça n’a rien à voir avec Londres, pas vrai ? (Il rit.) C’est donc pour ça que j’ai tendance à croire ça.

Robert : Je pense que c’est plus inspirant de dire aux gens que le lieu n’a pas grand chose ou rien à voir avec ce qu’on crée. Parce que je crois que si je lisais que c’était important et que j’étais coincé dans une banlieue au milieu de nulle part, dans ma chambre, à me dire qu’il faut que j’aille autre part pour être quelqu’un, vous voyez… C’est faux ! Tu peux être créatif juste par toi même, dans les pires circonstances et je crois que ça c’est inspirant. Plus inspirant que « Il fallait être à New York en 1960-je sais pas quoi ». « Il faut que tu déménages ici pour être près de tous ces gens. C’est là que les choses se passent vraiment. » C’est juste un truc que les gens essayent de vendre… C’est vrai que ça crée des opportunités et si tu essayes de rencontrer d’autres gens, de trouver des gens avec qui travailler et collaborer, je suis sur que ça peut augmenter tes chances mais c’est… vous voyez, c’est comme les sites de rencontre. Du genre « Ouais, tu vas rencontrer plus de monde si tu t’inscris sur cupid.com ou Meetic » mais est-ce que tu vas vraiment rencontrer la personne que tu aimes ? Je ne crois pas qu’il y ait plus ou moins de chance de cette façon. Mais oui, je crois que c’est une bonne chose de dire aux gens que tu peux être coincé n’importe où et que l’inspiration vient de toi.

Qu’on peut être créatif, être inspiré.

Robert : Oui. C’est juste l’expérience de la vie. Une partie de ça, c’est l’expérience de la vie, une autre partie, c’est juste d’être complétement fou en soi-même sans aucune autre expérience… (Il rit.) à escroquer ! T’es juste complétement taré et peu importe ce qu’il t’arrive. T’as des problèmes émotionnels et c’est le seul moyen que tu as pour retrouver un peu de santé mentale ce jour-là. C’est à travers l’écriture, la création de quelque chose.

Vous avez récemment travaillé sur la BO d’un film. Si ça pouvait être l’inverse et que vous pouviez demander à quelque un de faire un film pour illustrer votre musique, à quoi aimeriez-vous que le film ressemble ?

Je pense que vous pourriez… Wow… avoir une réponse différente de chacun d’entre nous là dessus ! Je ne sais pas. Je suppose qu’aujourd’hui… Eh bien… Hum… À quoi ressemblerait le film ? Hum…

Rob, tu aimes le cinéma…

C’est pour ça que je ne m’approche pas de cette question ! (Tout le monde rit.) Non… Je… J’aime… Ça pourrait juste être quelque chose comme une histoire qui t’inspire mais que tu ne pourrais pas imaginer toi-même, vous voyez. C’est ce que j’aime le plus dans le fait de travailler avec d’autres gens, c’est un peu la chose la plus intéressante dans le fait d’ajouter ta musique à un film. Ils amènent quelque chose que tu… Les acteurs et le scénariste, le réalisateur et tous ceux qui créent quelque chose que tu n’aurais pas pu imaginer tout seul. Et simplement de prendre part à cette grande parade, c’est quelque chose de cool. J’aimerais… Je pense que Gaspard Noé, le réalisateur, serait le meilleur pour tenter le coup et créer quelque chose. C’est… Vous savez, son imagerie contient beaucoup de mystère… avec des impressions et des choses très sombres et abstraites. C’est tous les points positifs sans… histoires dominantes et précises, vous voyez. Je suppose que j’aime plus l’abstrait que les récits narratifs.

Peter : Oui…

Robert : Les choses oniriques…

Peter… Oui, plutôt comme un poème j’imagine, ça serait comme… soit comme une suite de poèmes transformés en un film, soit un poème qui ne contient que quelques mots éparses à travers l’ensemble du truc, vous voyez. Une ou deux lignes et ensuite il se passe vingt minutes sans un mot avant d’avoir à nouveau une ou deux lignes.

Nous pourrions continuer un bon moment, Peter et Robert étant vraiment très ouverts à nos questions mais nous préférons les laisser se reposer un peu avant le concert.

 

Regardez les photos de l’interview avec BRMC ici

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